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Colloque de formation sur les enfants disparus ou exploités (CEDE) : Contenu et conférenciers

Durant les trois jours du CEDE 2019, les participants ont entendu des professionnels de haut niveau dans le dossier des enfants disparus ou exploités et profité des leçons qu’ils ont tirées sur le terrain suite à des cas récents qui ont fait les manchettes. Les grandes lignes suivent.

Le contenu et les conférenciers du CEDE 2020 seront annoncés au début de 2020.

Conférenciers experts

Dre Sharon Cooper

Pédiatre légiste et développementaliste, Dre Sharon Cooper possède des dizaines d’années d’expérience dans l’évaluation et le traitement d’enfants abusés sexuellement. Elle donne des formations multidisciplinaires sur toutes les formes de maltraitance infantile à des fournisseurs de soins de santé des policiers, des avocats, des juges, des thérapeutes, des aumôniers et des travailleurs sociaux. Elle donne des conférences dans le monde entier et a agi comme témoin expert dans plus de 300 affaires judiciaires.

La Dre Cooper est la PDG de Developmental and Forensic Pediatrics, PA. Elle travaille régulièrement auprès de nombreuses agences nationales et internationales d’enquête dans des affaires de crimes contre les enfants sur Internet. Elle a passé 21 années dans les forces armées; au moment de sa retraite, elle était colonelle. Elle est professeure à l’École de médecine de l’Université de la Caroline du Nord à Chapel Hill et à la Uniformed Services University of Health Sciences à Bethesda, au Maryland. La Dre Cooper donne des formations aux professionnels de la santé sur l’estimation de l’âge des enfants dans des images d’abus sexuels et a publié des chapitres et des articles sur le sujet. Elle évalue constamment des enfants victimes de toutes les formes d’abus sexuels, dont le trafic sexuel.

Durant cette séance de questions-réponses, la Dre Cooper a partagé sa vaste expertise relativement aux images d’abus pédosexuels et à ce qu’elles nous apprennent sur les abus pédosexuels et leur dévoilement, aux problèmes posés par le fait d’attendre que les dévoilements viennent des enfants et aux façons dont les professionnels de la protection peuvent se servir de ces informations pour revoir leur plan d’action vis-à-vis des enfants victimes.

Dr Shabehram Lohrasbe

Au terme de ses études en médecine, en Inde, le Dr Shabehram Lohrasbe est venu au Canada faire une résidence en psychiatrie à l’Université de Colombie-Britannique. Il pratique la médecine depuis 1984 et, en particulier, l’expertise criminologique en psychiatrie médicolégale. Il exerce aussi un peu en pratique privée, accueillant des gens qui vivent des pertes importantes ou une maladie en phase terminale.

Le Dr Lohrasbe a siégé au British Columbia Review Board (commission de révision) pendant six ans et a traité des délinquants en milieu carcéral et dans la communauté. Chargé d’évaluer la santé mentale de plusieurs milliers de personnes en vue de procédures pénales, il a témoigné des centaines de fois devant les tribunaux de Colombie-Britannique, du Yukon, de Saskatchewan, du Manitoba, des Territoires du Nord-Ouest, d’Alberta et de Nouvelle-Écosse. Il a également été témoin à l’audition de plus de 150 délinquants dangereux ou à contrôler, dont un fort pourcentage d’hommes ayant commis des crimes à caractère sexuel contre des enfants.

Le Dr Lohrasbe a parlé du comportement des délinquants, notamment de la relation entre pédophilie et infraction à caractère sexuel contre les enfants, des problèmes particuliers du sadisme sexuel, des forces et des limites de la détermination du risque de délinquance sexuelle en ligne contre des enfants ainsi que des types de comportements indicateurs d’un accroissement ou d’une diminution du risque de récidive.

Dre Åsa Kastbom

La Dre Åsa Kastbom travaille auprès d’enfants, d’adolescents et d’adultes au Département de psychiatrie pour enfants et adolescents et au Département de psychiatrie pour adultes du Centre hospitalier universitaire de Linköping, en Suède. Elle est consultante à l’Unité de traumatologie pour enfants abusés, au Service des urgences psychiatriques pour adultes et au Centre national pour les transsexuels. Elle se spécialise dans le domaine des enfants et des adultes abusés sexuellement et traumatisés, et ses recherches portent sur le comportement sexuel des enfants. La Dre Kastbom est l’un des membres fondateurs de l’Équipe de protection de l’enfance du Centre hospitalier universitaire de Linköping. C’est une conférencière bien connue en Suède et dans les congrès internationaux.

Plusieurs domaines exigent une connaissance précise du développement sexuel de l’enfant, et les professionnels sont souvent censés être capables de déterminer si un comportement sexuel s’avère normal ou non. Dans sa présentation, la Dre Kastbom s’est intéressée aux études et aux résultats cliniques au sujet des comportements sexuels typiques et atypiques des enfants de différents groupes d’âge. Elle a donné des indications quant aux comportements pouvant être considérés normaux et typiques et aux comportements pouvant constituer des signes d’abus sexuels. Elle a expliqué, à partir d’exemples de cas, comment elle et son équipe appliquent la thérapie cognitive fondée sur le traumatisme chez des enfants victimes d’abus sexuels âgés de 2 à 18 ans.

Sauvés d’un père armé qui les exploitait : Rafle coordonnée dans un camp reculé

En octobre 2016, le détachement de la GRC d’Evansburg a informé ALERT ICE, l’unité nord-albertaine d’ALERT (Alberta Law Enforcement Response Teams) spécialisée dans la lutte contre l’exploitation des enfants sur Internet, qu’un des résidents les plus notoires de son territoire exploitait sa fille sur Internet, abusait sexuellement d’elle et produisait des vidéos pornographiques. Le suspect était bien connu du détachement et de l’équipe des sciences du comportement de la GRC comme un « survivaliste » aguerri qui possédait une formation avancée en maniement d’armes à feu et en tactiques policières ainsi qu’une grande quantité d’armes et de munitions. Son comportement envers la police avait mené au déploiement de mesures de sécurité accrues au détachement d’Evansburg et au domicile de plusieurs policiers.

Cette étude de cas a offert un survol du travail de coordination et d’enquête effectué par l’unité d’ALERT et mis en relief les stratégies et les partenariats inédits qui ont permis d’obtenir le résultat voulu dans un contexte extrêmement dangereux pour le public, les victimes et les forces policières.

Il a été question des collaborations que les différents intervenants ont dû établir pour secourir cinq enfants et leur mère qui étaient isolés dans un camp fortifié à la campagne, à la merci d’un père aux dispositions survivalistes qui leur faisait subir des abus physiques, émotionnels et sexuels et qui disposait de plus de 40 armes à feu. L’enquête s’est vite transformée en l’une des plus grandes opérations jamais menées par ALERT ICE. L’opération a mobilisé plus de 70 agents d’une douzaine d’escouades spécialisées, de différents corps policiers et de plusieurs agences civiles.

Chacun des présentateurs a fait état des difficultés rencontrées et donné son point de vue sur la façon dont cette affaire a été enquêtée, gérée et traitée.

  • Conférenciers

    Sergent d’état-major Stephen Camp, Alberta Law Enforcement Response Teams (ALERT) — Northern Alberta Internet Child Exploitation (ICE) Unit

    Le sergent d’état-major Stephen Camp est au service de la Police d’Edmonton depuis 28 ans. Il a occupé divers postes au cours de sa carrière, notamment ceux de sergent de patrouille, d’enquêteur aux crimes haineux et à l’extrémisme violent, de détective à la division des enquêtes criminelles, de détective à la division des homicides et, depuis trois ans, de sergent d’état-major de l’escouade de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants sur Internet (ICE).

    Caporal Cam Dunn, Alberta Law Enforcement Response Teams (ALERT) — Northern Alberta Internet Child Exploitation Unit

    Cap. Cam Dunn est membre de la GRC depuis 2005. Il a travaillé comme patrouilleur et comme agent en civil dans diverses unités d’enquête. Il travaille depuis trois ans comme enquêteur au sein d’ALERT ICE.

    Keith Nicholls, procureur de la Couronne, poursuites spécialisées, Justice et Solliciteur général de l’Alberta, Service des poursuites de la Couronne

    Keith Nicholls est avocat de la Couronne depuis plus de dix ans. Il a travaillé pendant huit ans au parquet général, où il a représenté de ministère public dans des affaires de toutes sortes (protection familiale, agressions sexuelles, vols qualifiés et homicides). Keith est entré au service d’ALERT ICE en 2015 et en est devenu le chef l’an dernier. Il a été impliqué dès le départ dans ce dossier qui est devenu l’affaire la plus importante et la plus complexe jamais traitée par son unité.

    Suvidha Kalra, procureure de la Couronne, Poursuites spécialisées, Service des poursuites de la Couronne, ministère de la Justice et Solliciteur général de l’Alberta

    Suvidha Kalra a commencé sa carrière au service des poursuites en 2009 au sein du parquet général d’Edmonton, où elle a représenté le ministère public dans des affaires de toutes sortes (violence familiale, voies de fait graves, vols qualifiés, agressions sexuelles et homicides). En 2014, Suvidha s’est dirigée vers les poursuites spéciales dans le domaine de la santé-sécurité au travail avant de se joindre, en 2016, à ALERT ICE. Elle a été appelée à intervenir dans ce dossier en raison de sa formation spécialisée dans le traitement des victimes vulnérables et traumatisées. Elle possède un certificat de thérapeute en Hakomi, une approche somatique. La combinaison de ces deux domaines de pratique lui a permis de se donner un cadre pour mener des poursuites selon une approche sensible aux traumatismes. Suvidha forme également d’autres procureurs à l’impact des traumatismes sur les témoignages et aux bonnes pratiques pour recueillir des témoignages auprès de victimes traumatisées.

Combattre la traite des personnes en milieu rural

Qu’est-ce qu’un Roméo et que vient-il faire dans une petite ville de l’Ontario? Cette présentation a dressé un portrait de la traite des jeunes en milieu rural et de ses différences avec le milieu urbain.

Le sergent-détective Andrew Taylor de l’Équipe de coordination des enquêtes relatives à la traite des personnes de la Police provinciale de l’Ontario (OPP) a présenté des exemples de dossiers pour parler des risques et du recrutement de jeunes marginalisés. Il a parlé aussi des consignes et des bonnes pratiques que les enquêteurs et les intervenants de la protection de l’enfance doivent connaître et expliquera en gros comment l’OPP travaille avec les fournisseurs de services locaux pour encourager le signalement et accroître les possibilités d’intervention.

  • Conférencier

    Sergent-détective Andy Taylor, Police provinciale de l’Ontario, Équipe de coordination des enquêtes relatives à la traite des personnes

    Le sergent-détective Andy Taylor dirige l’équipe de coordination des enquêtes sur la traite de personnes de la Police provinciale de l’Ontario. Cette équipe est chargée de toutes les enquêtes portant sur les infractions de traite des personnes en Ontario ainsi que de la coordination des enquêtes entre les instances. Elle s’occupe aussi des efforts de sensibilisation. Précédemment, le sergent-détective Taylor a servi dans l’Unité des enquêtes criminelles du détachement d’Orillia et dans l’Unité des crimes de rue. En mai 2018, il a dirigé une enquête menée conjointement par la Police de Barrie et l’OPP dans une affaire de double homicide vieille de 27 ans. L’enquête a duré quatre ans et s’est soldée par deux arrestations pour meurtre au premier degré.

Retour aux sources : Identifier un chauffeur d’autobus scolaire et ses victimes à l’aide de bonnes vieilles techniques policières

En juin 2017, un agent de la GRC rattaché au Centre national de coordination contre l’exploitation des enfants (CNCEE) a trouvé sur le Dark Web plusieurs vidéos d’un chauffeur d’autobus scolaire qui faisait manger des biscuits maculés de sperme à des élèves du primaire. Sachant d’emblée que les vidéos avaient été enregistrées quelque part au Canada, l’Unité d’identification des victimes de la GRC s’est employée à préciser la localisation du suspect et des 39 victimes sans l’aide de données EXIF, de métadonnées ou d’adresses IP et en se basant seulement sur des techniques d’identification des victimes et de bonnes vieilles techniques policières.

Ayant déterminé l’emplacement de deux des scènes de crime, la GRC a prévenu l’Unité de lutte contre l’exploitation des enfants sur Internet du Service de police de London (LPS). En possession de preuves solides à l’égard du suspect, le LPS a pu identifier et arrêter le suspect sans délai.

Cette étude cas donnera un aperçu du travail du CNCEE et du LPS, depuis la géolocalisation précise des vidéos jusqu’aux contacts avec les familles pour les prévenir et les interroger. Hormis les victimes directes, il a fallu adopter une approche réfléchie et délicate pour coordonner le partage d’informations avec plusieurs agences et répondre aux préoccupations des familles dont les enfants étaient dans l’autobus sans toutefois figurer dans les vidéos.

  • Conférenciers

    Agente Krista Toner, GRC, Centre national de coordination contre l’exploitation des enfants, Unité d’identification des victimes

    L’agente Krista Toner est au service de la GRC depuis 2004. Elle a d’abord été affectée à Punnichy, en Saskatchewan, où elle s’est spécialisée dans les interrogatoires et les enquêtes judiciaires en situation d’abus pédosexuels. En 2012, l’agente Toner s’est jointe au CNCEE et elle travaille actuellement à l’Unité d’identification des victimes.

    Elle est instructrice nationale pour la base de données internationale d’INTERPOL sur l’exploitation sexuelle des enfants (ICSE). Elle a reçu une formation du FBI en comparaison et analyse d’images et a suivi un cours d’Europol en Europe sur la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants sur Internet. L’agente Toner est également membre du groupe de travail d’Europol sur l’identification des victimes, qui collabore avec les unités spécialisées du monde entier pour identifier et secourir les victimes d’exploitation sexuelle.

    Agent-détective Sam Page, Service de police de London, Unité de lutte contre l’exploitation des enfants sur Internet

    Sam Page compte 17 ans d’expérience au service de police de London. Depuis 2015, il travaille à l’Unité de lutte contre l’exploitation des enfants sur Internet, où il est chargé des enquêtes sur les crimes contre les enfants.

    L’agent-détective Page enquête également sur des affaires de leurre comme agent d’infiltration sur le Web. Il a été enquêteur principal dans plus de 130 enquêtes et a formulé plus de 150 ordonnances judiciaires. Il est responsable de la formation de civils et des membres du service de police de London sur la cybercriminalité.

Enlèvement dans une aire de jeu : Étude de cas sur l’enlèvement d’une enfant de 8 ans en Saskatchewan

En juillet 2017, une alerte Amber a été lancée après la disparition d’une fillette de huit ans d’une aire de jeu à Prince Albert, en Saskatchewan. Sur les images de vidéosurveillance obtenues par la police, on voit un homme flâner près de l’aire de jeu pendant une quinzaine de minutes avant de s’emparer de la fillette et de l’embarquer sur la banquette arrière de son véhicule. Portée disparue à 15 h 30, la jeune fille a été retrouvée juste avant 21 heures le soir même. La police a identifié puis arrêté Jared John Charles, qui finira par plaider coupable à des chefs d’enlèvement et d’agression sexuelle et sera condamné à huit ans et 90 jours de prison.

Cette étude de cas reviendra sur le fil des événements de l’enquête, les implications du déclenchement d’une alerte Amber du point de vue d’un petit service de police, les difficultés liées à l’enquête initiale et la gestion des ressources, des émotions et de l’information. Les enquêteurs principaux parleront également de la collaboration avec les agences partenaires, de l’information communiquée par le procureur de la Couronne relativement au processus judiciaire et aux difficultés rencontrées ainsi que de l’information communiquée par les services d’aide aux victimes autant au moment des faits que pour ce qui concerne l’accompagnement de la famille par la suite.

  • Conférenciers

    Agent Darren Androsoff

    L’agent Darren Androsoff est membre du service de police de Prince Albert depuis huit ans. Il a commencé sa carrière comme patrouilleur en uniforme et fait partie de la division des enquêtes criminelles de la Police de Prince Albert depuis trois ans. Au sein de cette division, Darren a participé à plusieurs enquêtes visant à résoudre des homicides ainsi qu’à d’autres enquêtes complexes sur des crimes graves avec violence. Il était l’enquêteur principal dans cette affaire.

    Agent Tyson Morash

    L’agent Tyson Morash travaille à la Police de Prince Albert comme patrouilleur depuis 17 ans. Il a récemment pris sa retraite de l’équipe d’intervention tactique de la Police de Prince Albert après 14 années de service, dont cinq à titre de chef d’équipe. Il est aussi un bénévole actif chez lui à Prince Albert. Il siège à la présidence d’un organisme à but non lucratif qui gère les patinoires et sert d’entraîneur à ses enfants dans leurs activités sportives. L’agent Morash a été le premier officier à se présenter sur la scène; c’est lui qui a procédé à l’arrestation du suspect dans cette affaire.

Amadouer le méchant

Internet est un vaste territoire rempli d’individus qui veulent exploiter sexuellement des enfants et se féliciter de leurs accomplissements devant d’autres individus du même acabit. Les abuseurs cherchent de nouveaux moyens d’échapper à la détection en utilisant des logiciels de clavardage différents, en brouillant leur adresse IP et en modifiant les images qu’ils produisent. Malgré toutes ces précautions, il suffit d’une petite erreur, d’un profil oublié sur un site de rencontres ou d’un mot de passe oublié pour que les forces policières découvrent leur véritable identité.

Cette présentation racontera comment la coopération internationale a permis d’identifier un abuseur physique. Le recours aux techniques d’identification des victimes a permis d’identifier à la fois l’abuseur et les victimes. Le présentateur a expliqué en détail les préparatifs des interrogatoires du délinquant et des enfants ainsi que les mesures prises à l’égard des victimes prises tout au long de l’enquête et du processus judiciaire. Mais l’enquête ne s’est pas arrêtée là. Les forces policières ont vite compris qu’il restait des victimes à trouver. Une enquête coordonnée en coopération avec de nombreux partenaires internationaux a permis de localiser des victimes dans le monde entier.

  • Conférencier

    Agente-détective Janelle Blackadar, Police de Toronto

    L’agente-détective Janelle Blackadar est agente de police au sein de l’escouade de lutte contre l’exploitation des enfants de la Police de Toronto et membre de la Stratégie ontarienne de lutte contre l’exploitation des enfants. Elle enquête sur des affaires d’exploitation d’enfants sur Internet, mais se spécialise dans les opérations d’infiltration en ligne, où elle se présente autant comme un enfant que comme un délinquant. L’agente-détective Blackadar mène des enquêtes par infiltration depuis 2007 et enseigne au Canada et à l’étranger depuis 2008.

Une approche sensible aux traumatismes pour la gestion des témoins

Interroger une victime risque de lui faire revivre son traumatisme, mais ne peut-on pas faire autrement? Cette présentation traitera généralement de l’impact d’un traumatisme sur les victimes et les témoins et s’intéressera aux applications pratiques des principes de la sensibilité aux traumatismes pour favoriser des interactions empreintes de sensibilité et de compassion ainsi que des poursuites qui aboutissent.

Il sera question de la neurobiologie des traumatismes, de l’établissement d’un cadre relationnel sûr, des moyens de faire face aux situations de panique et de dissociation et des aspects somatiques des interrogatoires.

  • Conférencier

    Suvidha Kalra, procureure de la Couronne, Poursuites spécialisées, Service des poursuites de la Couronne, ministère de la Justice et Solliciteur général de l’Alberta

    Suvidha Kalra a commencé sa carrière au service des poursuites en 2009 au sein du parquet général d’Edmonton, où elle a représenté le ministère public dans des affaires de toutes sortes (violence familiale, voies de fait graves, vols qualifiés, agressions sexuelles et homicides). En 2014, Suvidha s’est dirigée vers les poursuites spéciales dans le domaine de la santé-sécurité au travail avant de se joindre, en 2016, à ALERT ICE. Elle possède un certificat de thérapeute en Hakomi, une approche somatique. La combinaison de ces deux domaines de pratique lui a permis de se donner un cadre pour mener des poursuites selon une approche sensible aux traumatismes. Suvidha forme également d’autres procureurs à l’impact des traumatismes sur les témoignages et aux bonnes pratiques pour recueillir des témoignages auprès de victimes traumatisées.

Project Links : Une enfant de sept ans sur Craigslist

Quand la Hamilton Catholic Children’s Aid Society a confié une fillette au service de police de la ville de Hamilton, une horrible affaire d’abus pédosexuels a été dévoilée : le père publiait une annonce sur Craigslist pour prostituer sa fille de 7 ans. Appelée « Project Links », l’enquête ouverte lorsque la jeune victime a dénoncé les sévices sexuels dont elle avait été l’objet a duré huit mois et est à l’origine d’un projet de gestion de cas grave d’agressions pédosexuelles et d’exploitation des enfants sur le Web.

L’enquête a pris une grande ampleur, et de multiples services de police du Canada et des États-Unis ont dû conjuguer leurs ressources. L’équipe a formulé 14 mandats de perquisition et 15 ordonnances de communication, qui ont mené à la saisie de plus de 100 pièces à conviction sur support numérique. Elle a fouillé des milliers d’images, de textos et de courriels entre le contrevenant principal et cinq coaccusés qui ont permis d’identifier de multiples autres délinquants dans de nombreuses provinces et États.

Éléments de la présentation :

  • La communication initiale et l’importance des mots de la victime
  • Les mandats, les demandes d’ordre humanitaire et les obstacles relatifs aux compagnies américaines
  • L’examen et l’analyse des éléments de preuve électroniques
  • L’importance du groupe de criminalité technologique dans le processus d’enquête
  • Les interrogatoires judiciaires avec les accusés
  • L’importance des partenariats stratégiques entre provinces pour le partage d’informations
  • La préparation à la comparution et la compilation des preuves

Janet Booy, sous-procureure de la Couronne, décrira le processus judiciaire (des poursuites judiciaires ont été engagées avec succès contre cinq hommes), y compris les obstacles qu’il a fallu surmonter, ce qui a bien fonctionné et ce qu’il faut attendre. Cette affaire a abouti à la condamnation de cinq hommes.

  • Conférenciers

    Détective John Tselepakis, Service de police de Hamilton, Unité des crimes technologiques

    Le détective John Tselepakis est agent de police depuis seize ans. Successivement patrouilleur, affecté à la direction des enquêtes criminelles et à la division des homicides, il a pris part à de nombreuses enquêtes, travaillant en particulier à l’analyse des preuves électroniques et à la préparation des mandats. En 2014, M. Tselepakis a été nommé à la tête de l’Unité des crimes technologiques et certifié en analyse criminalistique des appareils numériques. Il est spécialiste des enquêtes en ligne et reconnu expert, par la Cour de justice et la Cour supérieure de l’Ontario, de l’examen et de l’analyse des preuves numériques. Il donne des cours sur la gestion des cas graves et les techniques générales d’enquête ainsi que des formations en modules, entre autres à l’intention des recrues. Le détective Tselepakis travaille actuellement au groupe de lutte contre les agressions sexuelles tout en étudiant en vue d’un diplôme de gestion d’entreprises à l’Université McMaster.

    Sergente d’état-major Michelle Wiley, Service de police de Hamilton, Unité des abus pédosexuels

    La sergente d’état-major Michelle Wiley est au Service de police de Hamilton depuis 21 ans. Elle a travaillé dans diverses unités, y compris le groupe BEAR (entrées par effraction, incendies volontaires et vols qualifiés) et les enquêtes criminelles. Elle a été adjointe au directeur général de l’Unité des abus pédosexuels, et travaille actuellement comme patrouilleuse en uniforme. Au cours de sa carrière, la sergente d’état-major Wiley a également participé à des opérations d’infiltration.

    Janet Booy, sous-procureure de la Couronne, ministère du Procureur général

    Janet Booy est au bureau du Procureur de la Couronne de Hamilton depuis 2005. Elle a commencé sa carrière en service social, puis a obtenu un baccalauréat en droit en 2001. Après le barreau, elle a été pendant trois ans procureure adjointe de la Couronne à Kitchener, avant un transfert à Hamilton. Elle est sous-procureure de la Couronne pour Hamilton depuis décembre 2016. Janet a engagé des poursuites dans le cadre de nombreuses affaires d’importance, y compris homicides, demandes de déclaration de délinquants dangereux, agressions sexuelles et abus pédosexuels.

Dédommagement des victimes d’abus pédosexuels avec prise d’images

Depuis plus de dix ans, James R. Marsh et Carol Hepburn se battent au nom des victimes d’abus enregistrés et diffusés sur Internet. Leaders en ce domaine, ils font partie d’une poignée d’avocats qui défendent ces causes. Leurs clients sont victimes de certaines des séries d’images d’abus pédosexuels les plus diffusées sur Internet.

La victimisation sans fin dont leurs clients font l’objet du fait de la diffusion incessante de leurs images d’abus pédosexuels a des répercussions difficiles à décrire, qui évoluent d’ailleurs avec le temps. Pionniers du combat pour le dédommagement des victimes à cet égard, James et Carol ont consacré des années à réclamer des modifications aux lois fédérales, et leur combat a abouti à la promulgation, le 7 décembre 2018, d’une loi appelée Amy, Vicky and Andy Child Pornography Assistance Act (loi d’aide aux victimes de la pornographie juvénile), aux États-Unis. Cette loi dont la genèse a été si longue, mais qui a finalement été adoptée grâce à l’appui des deux principaux partis dans un contexte politique pourtant acrimonieux, va faciliter et hâter l’indemnisation des victimes pour les préjudices subis et accélérer leur guérison.

Carol et James ont présenté les principales leçons apprises au fil de leur expérience, y compris les répercussions à long terme sur les survivants et ce qu’il faut changer pour mieux répondre aux besoins des victimes.

  • Conférenciers

    James R. Marsh

    Diplômé de l’École de droit de l’Université du Michigan, James représente des victimes d’abus sexuel dans des institutions scolaires, collégiales, religieuses, et gouvernementales et militaires, d’agression sexuelle et de viol sur les campus, d’exploitation sexuelle sur Internet, d’images d’abus pédosexuels; de sextorsion et de vengeance porno.

    James a fondé le reconnu nationalement Children’s Law Center établi à Washington. Avocat chevronné, James est actif comme commentateur, conférencier et auteur sur les enjeux juridiques touchant les enfants et les victimes d’exploitation et d’abus sexuels. Il dirige à présent le cabinet Marsh Law Firm de New York reconnu dans le monde entier pour sa détermination à aider les victimes d’abus sexuels à obtenir justice et à reprendre le cours de leur vie dans la dignité et le respect.

    Carol Hepburn

    Carol commencé sa pratique de droit en 1978 comme procureure de l’État à Seattle, dans l’État de Washington, où elle a représenté le ministère public dans des affaires de crimes sexuels, de fraude et de crimes de rue, en première instance et en appel. Sa pratique privée en droit civil est axée sur le droit de la famille et les dommages corporels et, en particulier, sur le harcèlement sexuel et racial, les blessures résultant d’incidents maritimes et les fautes professionnelles.

    Depuis 2008, Carol représente des victimes d’abus pédosexuels avec prise d’images dans des poursuites criminelles et civiles, en vue du dédommagement des victimes, aux États-Unis et au Canada. Elle est une ancienne du Gerry Spence Trial Lawyers College au Wyoming, un établissement sur invitation seulement où l’on enseigne des techniques et des stratégies judiciaires. Elle travaille également avec des groupes de défense des victimes et des groupes multidisciplinaires aux États-Unis et au Canada, pour faire connaître les difficultés particulières qu’éprouvent les victimes d’abus pédosexuels avec prise d’images.

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