Tu ferais n’importe quoi
De nombreux pays prennent des mesures législatives pour renforcer la protection des enfants sur Internet, mais le Canada n’en fait pas partie. Les parents n’y arriveront jamais seuls. Il est temps que les pouvoirs publics demandent des comptes aux entreprises de technologie pour les préjudices qu’elles causent à nos enfants.
Le Canada a besoin d’une loi qui protège les enfants sur Internet
Le Canada est l’un des pays les plus sûrs au monde pour les enfants — sauf lorsqu’ils sont sur Internet. Les adultes qui veulent s’en prendre à des enfants ont un accès direct et sans surveillance aux plateformes en ligne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et les risques de cyberviolences ne font qu’augmenter. Pour l’année 2025, Cyberaide.ca enregistre une hausse de 24 % des signalements de leurre par rapport à 2024.
En dehors d’Internet, les pouvoirs publics imposent des règles aux entreprises qui s’adressent à des enfants. Dans l’espace numérique, par contre, il n’y a pas de garde-fous. On s’en remet entièrement aux parents, et ce sont eux qui prennent — injustement — le blâme.
De nos jours, les enfants ont toujours un appareil électronique à portée de main et les parents se voient dans l’impossibilité de surveiller tout ce qu’ils font sur Internet. Le Canada doit urgemment se doter de lois pour protéger les enfants sur Internet, tout comme ils sont protégés hors Internet.
Les mesures législatives que le CCPE appuie sont :
Un organisme de réglementation doté de pouvoirs
Les survivant·es de la production de matériel d’abus et d’exploitation pédosexuels (MAEP) et de la distribution non consensuelle d’images intimes doivent pouvoir s’adresser à un organisme de réglementation qui a le pouvoir de faire retirer ces images illégales d’Internet. Cet organisme doit mettre en avant la protection des enfants et agir de manière responsable et transparente.
En 2025, Cyberaide.ca — la centrale canadienne de signalement des cas d’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet — a reçu quelque 28 000 signalements de la part du public.
La création d’un organisme de réglementation permettra de responsabiliser les entreprises de technologie, de répondre aux besoins des victimes et des survivant·es et de protéger nos enfants sur Internet.
Un âge minimum pour accéder aux médias sociaux
Certains services Internet comme les médias sociaux ont été mis à la disposition des enfants sans aucun contrôle réglementaire ni garde-fous. Il ne fait aucun doute que les enfants subissent de la violence sur des plateformes auxquelles ils ont facilement accès tous les jours. L’interdiction d’accès des moins de 16 ans aux médias sociaux n’éliminera peut-être pas tous les risques, mais elle permettrait au moins de retarder l’exposition des jeunes à ces risques jusqu’à ce qu’ils soient mieux outillés pour y faire face. Cette mesure constituerait une protection supplémentaire pour nos enfants et nos adolescents.
Au Canada, un adolescent sur trois a subi au moins une des formes de cyberviolence sexuelle facilitées par les plateformes de médias sociaux1.
En retardant l’accès aux médias sociaux, on réduit la période de vulnérabilité des enfants et des adolescents pendant leurs années formatrices et on donne davantage de temps aux familles et aux écoles pour développer leur littératie numérique, leur résilience et leur connaissance des dangers d’Internet.
Mesures de vérification d’âge
Des mécanismes de vérification d’identité existent déjà dans plusieurs secteurs, dont la santé, les banques et les services publics. Ces mécanismes sont autant d’exemples dont le Canada peut s’inspirer pour imposer des mesures de vérification d’âge qui mettent en avant à la fois la sécurité et la protection de la vie privée des enfants. Il n’y a pas de choix à faire entre les deux.
La vérification d’âge est l’un des nombreux outils permettant de mieux protéger les enfants sur Internet et de prévenir leur exposition aux contenus préjudiciables.
Détection proactive du MAEP
Il existe des outils, comme Projet Arachnid, qui aident les fournisseurs de services électroniques à détecter proactivement le MAEP connu et à en empêcher la mise en ligne sur leurs plateformes. La détection proactive aide à empêcher la distribution de photos et de vidéos montrant certaines victimes dans leurs moments les plus vulnérables et les plus traumatisants.
En 2025, Projet Arachnid a envoyé aux fournisseurs de services électroniques près de 20 millions de demandes de suppression de MAEP connu.
La technologie permettant d’empêcher la mise en ligne et la distribution de MAEP existe déjà; il suffit que les fournisseurs de services électroniques s’en servent.
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ProtegeonsNosEnfants.ca/tu-ferais-nimporte-quoi
- 1 Digitally Informed Youth. « Canadian teens & technology-facilitated sexual violence: Findings from a 2024 general population survey among Canadian teenagers. » Septembre 2025. https://1332d589-88d9-46fd-b342-d3eba2ef6889.usrfiles.com/ugd/1332d5_afb963cde10d40c79272378951c5dfeb.pdf ↩